4 avril : Journée internationale de sensibilisation aux mines

mines antipersonnel

Manuel Van den Broucke, référent sport, société et politique, 4 avril 2025

Le Traité d'Ottawa

Le traité d’Ottawa, officiellement appelé Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, est entré en vigueur en 1999 dans le but d’interdire totalement l’emploi, la production, le stockage et le transfert des mines antipersonnel. À ce jour, 164 pays ont ratifié cette convention, s’engageant à détruire leurs stocks existants et à dépolluer les territoires minés. Depuis son adoption, plus de 55 millions de mines antipersonnel stockées ont été détruites dans le monde, et au moins 31 pays, dont la France, la Colombie ou encore l’Algérie, ont annoncé la dépollution complète de leurs territoires. Cependant, plusieurs grands pays producteurs et utilisateurs, notamment les États-Unis, la Russie, la Chine, l'Inde et le Pakistan, n’ont toujours pas signé le traité.

Les pays les plus touchés par les mines

Chaque année, selon l’Observatoire des mines et munitions à sous-munitions, environ 5 000 personnes sont victimes de ces engins, dont près de 80 % de civils, souvent des enfants. Actuellement, plus de 60 pays sont encore contaminés par ces armes, notamment l’Afghanistan, l’Angola ou encore le Cambodge, où environ 64 000 victimes ont été recensées depuis 1979. En Afghanistan, plus de 18 millions de mines menacent encore les civils, causant environ 1 500 victimes chaque année. La Colombie, malgré les accords de paix de 2016, compte encore plus de 11 000 victimes depuis 1990. La Syrie, après plus d'une décennie de guerre civile, recense près de 12 millions de personnes exposées à ces explosifs, avec environ 2 700 victimes entre 2018 et 2022. Au Yémen, la guerre en cours a entraîné la dissémination massive de mines antipersonnel, avec environ 1 400 victimes recensées chaque année depuis 2015.

Comment fonctionnent les mines antipersonnel ?

Les mines antipersonnel sont des dispositifs explosifs conçus pour tuer toute personne qui marche dessus. Elles fonctionnent grâce à un déclencheur sensible à la pression, généralement entre 5 et 15 kg. Une fois enclenchée, une charge explosive projette des fragments métalliques, causant de graves blessures aux jambes ou au corps entier. La mine PFM-1, également appelée "mine papillon", utilisée notamment par l'Union soviétique, est conçue pour être larguée depuis des avions et dispersée sur de grandes surfaces. La célèbre mine américaine M14, une petite mine plastique quasi indétectable par les détecteurs classiques, contient environ 29 grammes d'explosif et peut arracher un pied lorsqu'on marche dessus.

Méthodes de déminage

La méthode manuelle reste la plus utilisée : des démineurs équipés de détecteurs de métaux avancent lentement pour localiser puis neutraliser chaque mine individuellement. Une autre technique est l'utilisation d'engins mécaniques, tels que le véhicule blindé "MineWolf", qui laboure et détruit les mines enfouies. Certains pays utilisent également des chiens spécialement dressés, capables de détecter les explosifs grâce à leur odorat.