Céline Arétin, responsable des sujets culturels, féminins et relatifs à l'écologie, 1er avril 2025
Saint Hugues de Grenoble, né vers 1053 à Valence dans le Dauphiné, fut évêque de Grenoble pendant 52 ans, de 1080 jusqu'à sa mort en 1132. Ordonné à l’âge de 27 ans, il fut nommé évêque par le pape Grégoire VII, en pleine période de réforme grégorienne. Il combattit la simonie (achat de charges ecclésiastiques) et le nicolaïsme (mariage des prêtres), contribuant à la moralisation du clergé dans son diocèse. Hugues est également célèbre pour avoir soutenu l’ordre des Chartreux. Le 24 juin 1084, Hugues signa l’acte officiel de donation du désert de Chartreuse à Bruno et à ses six compagnons. Ce document est encore conservé aux archives départementales de l’Isère sous la cote H 1. Malgré une santé fragile, Hugues participa à la vie politique et religieuse de son époque, assistant à de nombreux conciles dont celui de Clermont en 1095, où le pape Urbain II lança la première croisade.
La reconnaissance officielle de Saint Hugues de Grenoble a eu lieu avec sa canonisation en 1134, seulement deux ans après sa mort, par le pape Innocent II, ce qui en fait l’une des canonisations les plus rapides du XIIe siècle. Il figure depuis dans le Martyrologe romain à la date du 1er avril.
Une représentation de Saint Hugues de Grenoble se trouve dans le tableau *Saint Hugues en prière* de Jean Restout, peint en 1740 et conservé au musée de Grenoble, où le saint est figuré à genoux devant une apparition céleste. Dans l’église Saint-Hugues-de-Chartreuse, un cycle complet de 22 peintures murales lui est dédié, réalisé entre 1941 et 1951 par Arcabas. On y voit des scènes de sa vie, comme l’offre du massif de la Chartreuse à saint Bruno ou sa lutte contre la corruption du clergé. Dans la littérature, sa vie a été racontée dans des hagiographies médiévales, notamment la *Vita Sancti Hugonis*, écrite par un moine chartreux au XIIe siècle. Une sculpture en bois polychrome de Saint Hugues, datée du XVe siècle, est conservée au musée Dauphinois. Elle provient de l’ancienne église Saint-Laurent de Grenoble et montre le saint tenant un plan du massif de la Chartreuse dans la main gauche.